POLITIQUE

Bébé d'une députée du NPD expulsé du Parlement, le président se rétracte

08/02/2012 02:03 EST | Actualisé 09/04/2012 05:12 EDT
Sana Hassainia

Mise à jour: La députée néo-démocrate Sana Hassaina pourra finalement se rendre au Parlement avec son enfant, selon ce que rapporte la journaliste Huguette Young de l'Agence QMI. Le président des Communes, Andrew Scheer, serait revenu sur sa décision.

Texte original ici:

OTTAWA - Vous pouvez amener votre bébé aux Communes, mais s'il vous plaît, limitez les envies de le prendre en photo.

Voilà le message qui ressort d'un imbroglio entre une députée néo-démocrate et le président des Communes.

Sana Hassainia, députée néo-démocrate de Verchères–Les Patriotes, avait d'abord dénoncé le président de la Chambre qui aurait demandé, selon elle, que son bébé de trois mois soit reconduit à l'extérieur de l'enceinte de la Chambre des communes lors d'un vote. Mme Hassainia affirme avoir dû remettre son enfant à un page, qui l'a amené à l'extérieur.

Au bureau du président de la Chambre, Andrew Scheer, la version était différente.

L'heure était venue pour un vote sur l'abolition du registre des fusils de chasse, mais l'enfant de Mme Hassainia avait attiré des admirateurs qui le prenaient en photo, une pratique interdite aux Communes. M. Scheer aurait demandé — par l'entremise d'un page — à toutes les personnes entourant Mme Hassainia de s'asseoir afin de pouvoir procéder au vote. Mais il n'a pas demandé que le bébé soit expulsé, assure Heather Bradley du bureau du président.

Lors d'une rencontre de presse organisée par le Nouveau Parti démocratique (NPD) mercredi après-midi, Mme Hassainia a maintenu que ce n'est pas ce que le page lui a dit, mais a ajouté du même souffle que l'incident était clos, puisque le président lui a depuis confirmé qu'il n'y avait aucun problème à ce qu'elle amène son bébé aux Communes.

«On n'a pas besoin d'excuses, on a eu l'assurance que cela ne se reproduirait plus», a-t-elle indiqué.

Questionnée à savoir si elle comptait amener son bébé mercredi pour la période des questions au Parlement, Mme Hassainia a répondu tout de go: «Non, parce que le père est disponible. Donc il va s'en occuper. Mais cela se peut que cela se reproduise».

Elle s'est défendue de réclamer un privilège.

«C'est un enjeu de conciliation travail-famille et c'est un enjeu important pour nous. Je vais m'assurer en tant que députée, en tant que mère, de le défendre encore et jusqu'à ce qu'on puisse parler vraiment de conciliation car pour l'instant, ce n'est pas du tout le cas», a-t-elle dit.

Malgré les assurances du président, le sujet n'est pas clos pour tous. La députée bloquiste Maria Mourani a demandé au président une clarification des règles — si règles il y a — et l'abolition de toute interdiction pour les députés d'amener leur bébé avec eux. Elle estime que certaines ambiguïtés subsistent, s'étant fait dire à l'époque qu'elle ne pouvait venir en Chambre avec son bébé naissant.

M. Scheer a promis de revenir avec une clarification à ce sujet.

Mais la visite du bébé de Mme Hassainia n'est pas une première: plusieurs députées ont déjà voté ou posé des questions avec leur enfant dans les bras aux Communes, notamment la néo-démocrate Michelle Dockrill.

Des ministres conservateurs se sont montrés solidaires de leur collègue néo-démocrate, peu avant la période des questions. La ministre du Travail, Lisa Raitt, a affirmé ne voir aucun problème à la présence de bébés aux Communes. Le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, a déclaré que le Parlement devait être ouvert et jouer un rôle de leader.

Le chef intérimaire du Parti libéral, Bob Rae, a profité de l'incident pour affirmer qu'il est important de recruter des femmes en politique et qu'à ce titre, il faut trouver des moyens de leur rendre la vie plus facile, et non pas plus difficile.