Sarkozy défend la politique familiale française et critique Hollande

Nicolas Sarkozy

Première Publication: 7/02/2012 07:57 Mis à jour: 10/02/2012 10:40

En déplacement à Lavaur (Tarn), Nicolas Sarkozy a promis mardi de défendre le quotient familial, qu'il considère comme "un atout" pour les familles, tout en dénonçant "l'acharnement de certains à vouloir détruire ce qui fonctionne" dans une attaque plus qu'implicite du candidat socialiste à l'Elysée, François Hollande.

Revenant sur le quotient familial, que le candidat du PS propose de moduler, le chef de l'Etat a déclaré: "La famille est par excellence le lieu de la gratuité et du don. La famille échappe à l'obsession matérialiste de notre société. Nous devons l'aider à garder ce caractère si particulier qui fait d'elle, peut-être, le dernier refuge de l'intimité et, si j'osais le mot, de la douceur".

Après avoir assuré que la chancelière allemande Angela Merkel elle-même voulait s'inspirer de la politique familiale de la France, M. Sarkozy a poursuivi: "Le principe du quotient familial, ce n'est pas d'aider les familles les plus aisées comme je l'entends dire, mais c'est de considérer que ce qu'un ménage dépense pour ses enfants participe aussi de la préparation de l'avenir du pays. Et c'est pour cette simple raison qu'à revenu égal, les familles nombreuses doivent payer moins d'impôts que les autres".

"Je défendrai le quotient familial parce qu'il est un atout pour nos familles et donc pour notre pays", a promis Nicolas Sarkozy en dénonçant "l'acharnement que mettent certains à vouloir détruire ce qui fonctionne dans notre pays", visant directement François Hollande, sans pour autant le nommer.

"Soixante ans pour faire une politique familiale qui fait l'admiration du monde entier, qui permet aux femmes d'être libres, d'avoir des enfants et une activité professionnelle, pourquoi vouloir le démolir? Pourquoi vouloir casser, vouloir détruire? Par idéologie? Par sectarisme? Pour faire plaisir à qui? A ceux qui n'ont jamais cru à la famille?", s'est-il emporté.

Se référant une fois de plus aux propositions du candidat socialiste, Nicolas Sarkozy a poursuivi: "Remettre en cause le quotient familial puis proposer la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, alors on aura affaibli durablement une politique fiscale intelligente qui permet aux familles des classes moyennes d'élever leurs enfants, de continuer à consommer sans avoir à sacrifier le nécessaire".

"Les classes moyennes, la politique familiale et le quotient familial font partie du consensus qu'il ne faut pas toucher", a-t-il martelé.

"Nicolas Sarkozy est mal placé pour défendre la politique familiale", a réagi l'équipe de campagne de François Hollande. "Les familles françaises n'ont rien gagné avec la droite", affirme-t-elle dans un communiqué en rappelant que "les 200.000 places d'accueil promises pour les enfants de moins de trois ans n'ont pas été créées".

Les socialistes maintiennent que le quotient familial bénéficie plus aux foyers aisés qu'aux foyers modestes. D'après leurs calculs, un couple gagnant deux SMIC et ayant trois enfants reçoit une aide fiscale de 600 euros alors qu'une famille identique gagnant dix SMIC touche plus de 9.000 euros.

François Hollande suggère de moduler le quotient familial. Le montant resterait inchangé pour les familles gagnant jusqu'à six SMIC et l'avantage fiscal serait plafonné à 2.000 euros par enfant.

Le candidat socialiste à l'Elysée propose par ailleurs de revaloriser l'Allocation de rentrée scolaire (ARS) qui est, elle, soumise à des conditions de ressources. Le député de Corrèze a promis, s'il est élu, d'augmenter l'ARS de 25% dès le mois de septembre prochain.

Tandis que François Hollande s'est prononcé pour l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples de même sexe, Nicolas Sarkozy a estimé mardi n'avoir pas "à porter de jugement sur la forme juridique que prend la famille".

"Au prétexte que le divorce existe, que le PACS se développe, on parle mal de la famille. Mais c'est la même famille, c'est le même amour, réalisé différemment parce que la vie est ce qu'elle est", a-t-il assuré.

"Nous devons aimer, défendre et préserver la famille car (elle) est le socle de la société française et de notre identité familiale", a-t-il déclaré, sans être plus spécifique. AP

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Publié par Geoffrey Dirat  |