Le NPD veut rappeler l'ambassadeur canadien à Damas, Ottawa refuse

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SYRIA PROTESTATION
Des Syriens ont manifesté dimanche à Londres, les mains couvertes du sang des innocents tués au pays (AP Photo/Sang Tan) | AP

OTTAWA - Le gouvernement fédéral rejette l'idée de l'Opposition officielle, qui lui demande de rappeler l'ambassadeur du Canada en Syrie.

Le diplomate doit rester sur place pour critiquer le régime de Bachar el-Assad, a plaidé Ottawa.

La porte-parole néo-démocrate en matière d'affaires étrangères, Hélène Laverdière, a aussi estimé lundi que Stephen Harper devrait aborder ce dossier cette semaine avec son homologue chinois.

Stephen Harper s'est envolé lundi vers la Chine pour une visite officielle d'une semaine.

Pour la deuxième fois en quelques mois, la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ont opposé samedi leur veto à un projet de résolution condamnant la répression et demandant le départ du président syrien.

Mme Laverdière a soutenu que le rappel de l'ambassadeur canadien enverrait un message fort au président el-Assad, qui réprime violemment un soulèvement populaire depuis 11 mois.

«Il n'est pas question de couper complètement nos liens diplomatiques», a expliqué lundi Mme Laverdière. «Notre position ne va pas aussi loin que celle des États-Unis.»

Mais Chris Day, porte-parole du ministre canadien des Affaires étrangères, a expliqué que John Baird ne prévoit pas réduire davantage le personnel diplomatique à Damas. Le Canada a déjà évacué plusieurs diplomates la semaine dernière, ne gardant en Syrie que le «personnel essentiel», a-t-il dit. Le service d'immigration et des visas a notamment été fermé.

«La sécurité des employés canadiens en Syrie est notre priorité numéro un», a fait valoir M. Day. «Le Canada juge très durement les gestes horribles du régime actuel. Notre ambassadeur continue à transmettre ce message aux plus hauts niveaux de l'État.»

Chris Day a ajouté que le gouvernement continuait à demander aux Canadiens toujours en Syrie de quitter immédiatement le pays.

Les attaques du gouvernement syrien contre les habitants de la ville de Homs, l'un des foyers de la rébellion, se sont poursuivies lundi pour une troisième journée consécutive. Au moins 17 personnes y ont été tuées depuis le début de la journée.

L'administration Obama a fermé lundi son ambassade à Damas, rappelant son ambassadeur et évacuant l'ensemble de son personnel diplomatique sur place. Londres a rappelé son ambassadeur dans le pays, en plus d'exprimer son profond dégoût devant la situation.

Stephen Harper devrait profiter de son voyage en Chine pour tenter de mieux saisir la position de Pékin quant au régime el-Assad, a suggéré Hélène Laverdière. «Comprendre les motifs, ce n'est pas accepter le veto (au Conseil de sécurité de l'ONU). Je crois que ce serait un pas dans la bonne direction», a-t-elle avancé.

Chris Day a expliqué que John Baird, qui accompagne le premier ministre en Chine, aborderait probablement la question avec les autorités. «Nous discuterons de plusieurs dossier mondiaux avec nos hôtes, dont la situation qui prévaut au Proche-Orient», a-t-il dit.

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