Anders Breivik dit mériter une médaille d'honneur pour la tuerie en Norvège

Anders Breivik

Première Publication: 6/02/2012 18:18 Mis à jour: 7/02/2012 15:01

OSLO - L'extrémiste de droite qui a admis avoir tué 77 personnes lors du plus important massacre à survenir en Norvège en temps de paix a affirmé à un tribunal, lundi, qu'il méritait une médaille d'honneur pour cette tuerie et a demandé d'être remis en liberté.

Menottes aux poings et vêtu d'un ensemble noir, Anders Behring Breivik a esquissé un sourire narquois au moment où il faisait son entrée dans la salle de cour du district d'Oslo pour son audience relative à sa détention avant son procès, qui doit commencer en avril. Il a étiré ses bras dans un geste qui, selon son avocat Geir Lippestad, se voulait «une sorte de salutation d'un groupe d'extrémiste de droit».

S'exprimant à partir de notes déjà rédigées, le Norvégien de 32 ans a déclaré au tribunal que le massacre du 22 juillet — mené à l'aide d'une bombe, une arme à feu et un pistolet — était une attaque contre les «traîtres» qui, a-t-il affirmé, favorisent l'immigration afin de promouvoir «une colonisation islamique de la Norvège».

Comme lors d'audiences précédentes, Breivik a admis avoir fait exploser la bombe à l'extérieur des bureaux gouvernementaux à Oslo, et d'avoir fait feu à un camp de jeunesse du Parti travailliste sur l'île d'Utoya, à l'extérieur de la capitale. Il a toutefois nié toute responsabilité criminelle dans la tuerie et rejeté l'autorité du tribunal.

Incrédules, une centaine de survivants et de proches de victimes ont été témoins de la demande de libération de Breivik et de sa déclaration voulant qu'il devrait recevoir une récompense militaire pour avoir perpétré l'attaque.

De nombreux survivants s'inquiétaient de la possibilité que Breivik utilise ces audiences pour attirer l'attention sur ces vues extrémistes.

«Ce n'est pas bon qu'il ait pu dire ce qu'il voulait dire, a réagi Amel Baltic, un adolescent de 16 ans qui a survécu au massacre d'Utoya. Ça m'a irrité.»

La juge Wenche Gjelsten a ordonné que Breivik demeure détenu jusqu'au début du procès, le 16 avril. Breivik fait face à des accusations reliées à des actes terroristes qui pourraient lui valoir une peine d'emprisonnement de 21 ans. Toutefois, s'il était déterminé qu'il était atteint d'une grave maladie mentale, il serait alors soumis à des soins psychiatriques.

Une évaluation psychiatrique a déterminé que Breivik était légalement reconnu aliéné mental, mais les autorités ont ordonné la tenue d'une seconde évaluation après les critiques générées par les premières conclusions.

Contrairement à la seule autre audience tenue en public, Breivik, cette fois-ci, a accepté de se faire photographier avant le début des procédures. Me Lippedstad, l'avocat de la défense, a laissé sous-entendre que les propos de Breivik, lundi, donnaient un aperçu de ce que réserverait le procès.

«Il se prépare pour son procès. La majeure partie de cette affaire repose sur sa personnalité», a déclaré Me Lippestad.

Depuis le déclenchement de l'enquête, environ 1500 personnes ont été interrogées, incluant plusieurs survivants, ont fait savoir les autorités policières lundi.

Des organismes d'applications de la loi d'autres pays ont également collaboré à l'enquête, incluant les États-Unis, qui ont interrogé la soeur de Breivik à Los Angeles.

SUIVRE LE Québec

Publié par Patrick White  |