Louise Harel réclame de la transparence à Montréal dans la gestion des grands projets

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Louise Harel (PC/Denis Beaumont) | PC

La chef de l'opposition à Montréal, Louise Harel, se bat pour que la Ville fasse preuve d’une plus grande transparence au chapitre de la gestion des grands projets. Elle rappelle qu’à l’époque où elle était ministre des Affaires municipales, elle avait conçu la loi 170 afin d’introduire des changements majeurs en matière de démocratie municipale.

«Cette loi faisait en sorte que les Montréalais aient accès aux mêmes pouvoirs de signature d’un registre et d’approbation référendaire que le reste des Québécois», explique-t-elle. «Jean Drapeau s’est toujours opposé à ce que les Montréalais puissent se prononcer par signature de registre ou lors de la tenue de référendums d’approbation sur les changements de zonage».

Elle ajoute qu’«il n’est plus possible de développer Montréal sans passer par un processus d’acceptabilité sociale. C’est un des facteurs clef de la réussite de certains des grands projets qui ont réussi à lever».

Louise Harel rappelle que l'ancien maire Pierre Bourque avait mis en place un groupe de travail, présidé par Gérald Tremblay, afin de produire un rapport recommandant que les Montréalais puissent disposer d’une capacité d’approbation référendaire lors des changements de zonage. «C’est justement ce fameux rapport qui a recommandé la mise en place de l’Office de consultation publique de Montréal, dit-elle. Je vous rappelle que j’ai pris en considération les recommandations de ce rapport pour les introduire dans la loi 170.»

Écarter le «pas dans ma cour»

Et, de préciser qu’«afin d’écarter le syndrome du "pas dans ma cour", j'ai introduit l’article 89 dans la Charte de Montréal, une disposition particulière dressant une liste de types de projets susceptibles de ne pas requérir d’approbation référendaire, mais qui ferait l’objet d’une consultation publique menée par l’OCPM».

L’ironie du sort c’est que, «quelques années après avoir pris le pouvoir, l’administration Tremblay a demandé à Québec des modifications à l’effet que les pouvoirs de consultations de l’OCPM soient limités et que la décision finale soit laissée au comité exécutif», poursuit-t-elle. On ne veut pas se retrouver à Montréal avec l’équivalent des "gated town" américaines (quartiers privés), dans un contexte de projets qui favoriseraient l’éclosion de zones d’exclusion.»

Préserver la démocratie municipale

Celle qui a été la mère des fusions municipales, alors qu'elle était ministre des Affaires municipales en 2001, rappelle au HuffPost Québec que l’administration Tremblay-Zampino s'était fait élire à l’automne 2003 avec la ferme intention de convaincre un maximum de villes de ne pas quitter Montréal.

À cette fin, l'administration avait demandé au gouvernement Charest des modifications majeures à la Charte de la Ville de Montréal afin de transformer les arrondissements en quasi villes. «Et, en décembre 2009, le gouvernement du Québec a passé en douce la loi 33, une loi d’exception modifiant la charte de la Ville de Montréal. Une manœuvre qui a permis d’introduire l’élection, au suffrage universel, des maires d’arrondissement». Ce changement de programme aura conféré aux arrondissements des pouvoirs accrus: pouvoirs d’embauche, de taxation ou d’emprunt, entre autres.

Malgré tout, la Ville de Montréal s’est retrouvée dans une portion congrue, les mairies d’arrondissement réclamant des pouvoirs supplémentaires dans un contexte où l’assiette fiscale ne fait que se rétrécir. Louise Harel précise que l'administration Tremblay «nous [a] laissé une ville désorganisée avec une fédération d’arrondissements». Et, d’ajouter que «Gérald Tremblay demandera, en 2008, au gouvernement du Québec une autre modification à la Charte de Montréal afin de devenir lui-même maire de l’arrondissement de Ville-Marie». Un retournement de situation qui illustre avec clarté, conclut-elle, la difficulté d’administrer une métropole morcelée.