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La FTQ-Construction refuse de participer au comité de transition

02/02/2012 11:55 EST | Actualisé 03/04/2012 05:12 EDT
Radio-Canada

MONTRÉAL - La FTQ-Construction réitère son refus de participer aux travaux du comité de transition sur la référence syndicale, qui s'amorçaient jeudi.

En conférence de presse à Montréal, les dirigeants du plus important syndicat dans le secteur de la construction ont dit croire que les dés sont pipés et qu'ils n'ont rien à gagner à aller répéter les mêmes doléances que celles qui avaient été mises de l'avant en commission parlementaire.

«On n'a plus confiance, aucunement confiance, a déclaré le président de la FTQ-Construction, Arnold Guérin. Ce comité va encore faire des recommandations à la ministre (du Travail, Lise Thériault) et c'est la ministre qui va encore décider.»

M. Guérin a rappelé que la centrale avait déjà eu une fin de non-recevoir en commission parlementaire.

«Sur tout ce qu'ils nous avaient demandé de regarder, nous avions des solutions. On n'est pas parfaits; on sait qu'il y a des problèmes, il y a des choses qu'on peut régler. Nous étions prêts à nous asseoir pour les régler. Nous n'avons même pas été écoutés et il n'y a pas une de nos recommandations qui a été retenue ou même analysée. Donc, nous n'irons pas nous asseoir là pour faire casser du sucre sur notre dos», a-t-il déclaré.

La FTQ-Construction réclame des amendements au projet de loi qui lui permettraient d'avoir un lien direct avec les employeurs pour la référence syndicale, affirmant que ce lien est essentiel pour agencer les besoins des entrepreneurs et les qualifications spécialisées des membres.

Bien qu'elle s'engage à respecter la Loi 33, qui porte sur le «placement syndical», la FTQ-Construction songe à en contester certaines dispositions devant les instances appropriées, notamment le Bureau international du travail.

La ministre Thériault n'a pas tardé à réagir; dans l'heure suivant la conférence de presse de la FTQ-Construction, elle a dit trouver dommage la décision de la centrale de boycotter les travaux du comité de transition.

Bien qu'elle reconnaisse qu'idéalement tous les intervenants devraient participer, Mme Thériault a indiqué que le comité fonctionne tout de même. Puis elle a lancé un appel aux syndiqués qui se sentiraient lésés par des décisions prises par leur syndicat.

«Il y aura une période de vote pour changer d'allégeance syndicale au printemps, a-t-elle indiqué. Les travailleurs, à ce moment-là, qui pensent qu'ils peuvent être brimés exerceront leur droit de vote et s'ils veulent rester avec leur syndicat, ils le feront et s'ils ne le veulent pas, ils changeront.»

Cette déclaration a fait bondir le syndicat qui a demandé au premier ministre Jean Charest de ramener sa ministre du Travail à l'ordre.

«Il est totalement inacceptable que la ministre du Travail tente de dicter aux travailleurs et aux travailleuses du Québec à quel syndicat ils devraient appartenir», a déclaré le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, par voie de communiqué.

«Il s'agit ici d'ingérence de la ministre, d'un parti pris qui n'a pas sa place, d'une tentative de manipulation, voire d'influence. Émettre ce genre de propos alors que la période de maraudage syndical approche est simplement inacceptable», a déclaré le syndicaliste, qualifiant l'intervention de diversion destinée à semer la bisbille pour éviter d'aborder «les problèmes de collusion et de corruption et de financement des partis politiques dans l'industrie de la construction».

MM. Guérin et Ouellet ont d'autre part tenté de faire valoir, lors de la conférence de presse, que les modifications qu'entend apporter le gouvernement Charest au régime de travail dans l'industrie de la construction ne comportent aucune mesure pour améliorer la santé et la sécurité sur les chantiers. Il s'agit pourtant, selon eux, d'un problème beaucoup plus important que celui du placement syndical, qui ne touche que 15 pour cent de la main-d'oeuvre.

M. Ouellet a invoqué le grave accident survenu récemment sur le chantier du centre de recherche du CHUM pour faire valoir ses arguments.

«C'est une bagarre qui perdure depuis des années et des années. Pour citer un seul exemple: l'accident survenu dernièrement sur un chantier de Montréal, où un morceau de glace est tombé (sur la tête d'un ouvrier). Il y a 12 ans, nous avions le même problème au Palais des congrès. Ça veut dire que ça ne s'est pas réglé», a-t-il dit.

Il a déploré l'apparente indifférence du gouvernement face à la nécessité de resserrer les règles en matière de santé et de sécurité du travail sur les chantiers.

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