Julian Assange conteste son extradition devant la Cour suprême britannique

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LONDRES - La Cour suprême britannique a entamé mercredi à Londres l'examen du recours présenté par le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, contre son extradition vers la Suède, où il est accusé de viol et d'agression sexuelle par deux femmes.

L'Australien âgé de 40 ans avait été arrêté en décembre 2010 à Londres à la suite d'un mandat d'arrêt émis par la justice suédoise et est depuis assigné à résidence en Grande-Bretagne.

M. Assange dément les accusations présentées par deux femmes qu'il a rencontrées à Stockholm en août 2010. Il se dit victime d'un complot politique monté par les États-Unis en réprésailles à la publication par le site WikiLeaks de documents confidentiels américains sur la guerre en Afghanistan et en Irak à l'été 2010.

L'extradition prononcée par un tribunal londonien le 24 février 2011 a été confirmée en appel le 2 novembre de la même année. La Cour suprême constitue pour Julian Assange le dernier recours devant la justice britannique.

L'avocate de M. Assange, Dinah Rose, a demandé aux sept magistrats de la Cour suprême de déterminer si la justice suédoise disposait ou non de l'autorité nécessaire pour émettre un mandat d'arrêt. Elle a fait valoir qu'un procureur ne peut pas exercer une autorité judiciaire en cette matière sans porter atteinte à un principe juridique fondamental.

«On ne peut pas être juge dans son propre dossier, on ne peut pas être juge et partie», a plaidé Mme Rose. «Un mandat d'arrêt doit être émis par un tribunal indépendant et impartial, non par un procureur.»

La décision ne devrait pas être rendue avant plusieurs semaines. Si Julian Assange est débouté par la Cour suprême, il sera extradé vers la Suède dans un délai de deux semaines suivant l'arrêt de la haute instance. Le fondateur de WikiLeaks a la possibilité de porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme, mais cela ne suspendrait pas l'extradition.

Une fois en Suède, M. Assange serait arrêté et une audience aurait lieu dans un délai de quatre jours. Il pourrait alors être relâché après audition, mais le tribunal pourrait aussi prolonger la période de détention provisoire. Ces audiences doivent avoir lieu toutes les deux semaines jusqu'à inculpation ou remise en liberté du suspect.

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