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Syrie: nouveaux affrontements entre armée et déserteurs près de Damas

29/01/2012 06:49 EST | Actualisé 30/03/2012 05:12 EDT

De nouveaux affrontements entre les forces syriennes et des groupes de déserteurs de l'armée ont fait au moins douze morts dimanche dans les faubourgs orientaux de Damas, selon des militants des droits de l'Homme et la presse officielle.

Plusieurs dizaines de chars et véhicules blindés ont été déployés en renfort dans la matinée au lendemain des plus violents combats survenus jusqu'à présent près de la capitale syrienne. Les violences connaissent depuis jeudi un pic dans tout le pays, faisant une centaine de morts en quatre jours, dont au moins 29 dimanche.

Des militants des droits de l'Homme ont fait état de violents combats et bombardements à Kfar Batna, Hammouriyeh, Ein Tarma, Saqba et Arbin, localités de la proche banlieue est de Damas. Trois personnes, dont un adolescent de 16 ans, ont été tuées. "Les troupes ont donné l'assaut ce matin", a expliqué Mohammed Doumani, un militant de Douma, dans la banlieue de Damas.

"Il semble que le régime a lancé une opération pour reprendre le contrôle des secteurs" concernés, a-t-il ajouté. Des dizaines de familles fuyaient Ein Tarma et ses environs, en direction de Damas. Des vidéos mises en ligne sur Internet montraient des habitants dont des femmes et des enfants fuir à pied, encombrés de sacs, sur fond de tirs.

L'agence officielle SANA a rapporté dans le même temps que des "terroristes" avaient fait sauter une bombe télécommandée au passage d'un autocar transportant des soldats à Sahnaya, à une vingtaine de kilomètres au sud de Damas. Six militaires, dont deux officiers, ont été tués et six autres ont été blessés, ajoute SANA.

La Ligue arabe a annoncé samedi la suspension de sa mission d'observation en Syrie, en raison de la recrudescence des violences dans le pays. Les observateurs resteront à leur hôtel à Damas, jusqu'à ce que leur mission soit "réévaluée" par la Ligue, a précisé son secrétaire général adjoint, Ahmed Ben Ali.

Le chef de l'instance panarabe, Nabil Elaraby, a mis en cause le régime syrien dans l'"escalade" des violences. Le régime alaouite, ajoute-t-il, a recours à "l'option militaire en complète violation de ses engagements" à mettre fin à la répression. Celle-ci touche des "citoyens innocents", a souligné M. Elaraby qui rejette ainsi implicitement les assertions de Damas d'avoir à lutter contre des "terroristes".

Un conseil de la Ligue arabe devra se réunir pour décider des suites à donner à la mission d'observation, dont les Etats du Golfe emmenés par l'Arabie saoudite se sont retirés le 24 janvier, demandant l'intervention du Conseil de sécurité de l'ONU.

La Russie y a clairement exprimé son opposition au projet de résolution présenté vendredi par plusieurs pays arabes et européens, dont la France. Le projet de résolution reprend le plan annoncé le 22 janvier par la Ligue arabe, qui vise à "faciliter une transition politique conduisant à un système politique démocratique, multipartite".

La France, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères diffusé tard samedi soir, "condamne vigoureusement l'intensification dramatique de la violence en Syrie, qui a conduit la Ligue arabe à suspendre la mission de ses observateurs en Syrie".

"Des dizaines de civils syriens ont été tués ces derniers jours par la répression sauvage menée par le régime syrien, notamment par des opérations militaires massives contre des quartiers d'opposants dans plusieurs villes. Les responsables de ces actions barbares devront répondre de leurs crimes", souligne le ministère.

La France "appelle la communauté internationale à prendre ses responsabilités pour protéger les civils syriens, en premier lieu au sein du Conseil de sécurité". Paris souhaite un "accord rapide sur le projet de résolution diffusé vendredi à New York au nom du groupe arabe" et souligne "l'importance d'une coopération constructive entre la France et la Russie sur ce dossier". AP

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