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Référendums d'initiative populaire: Marois fixera les balises plus tard

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PAULINE MAROIS RFRENDUMS POPULAIRES
Pauline Marois s'adresse à ses délégués lors du conseil national spécial de son parti, dimanche, à Montréal. (PC/Ryan Remiorz) | PC

MONTRÉAL - Entre deux élections, la population pourra orienter les décisions du gouvernement à travers des référendums à répétition sur divers sujets controversés, si le Parti québécois est porté au pouvoir.

Expression de la sagesse populaire ou de la démagogie ambiante, selon le point de vue, les référendums d'initiative populaire ont reçu l'aval des militants du PQ réunis en conseil national spécial, dimanche, à Montréal, autour du thème «Changeons la politique».

Le parti a endossé le principe des référendums d'initiative populaire, mais s'est toutefois bien gardé d'en fixer les balises.

La chef péquiste, Pauline Marois, a indiqué qu'une fois au pouvoir, son gouvernement donnerait à l'Assemblée nationale le mandat d'encadrer ce processus. L'Assemblée devrait aussi préciser dans quelle mesure le gouvernement devra se sentir lié par le résultat de ces référendums.

Ainsi, on ne sait pas combien de personnes — ou quel pourcentage de la population — devraient signer un registre pour qu'un tel référendum ait effectivement lieu.

En point de presse, la chef du parti, Pauline Marois, a refusé de dire si elle souhaitait que ces référendums soient exécutoires, donc si elle devait être obligée d'y donner suite.

Elle a laissé entendre qu'elle ne craignait pas que l'exercice donne lieu, éventuellement, à des prises de position contraires à ses vues et politiques.

«Écouter le peuple, ça ne risque pas de se retourner contre nous», a-t-elle dit.

Invitée à se prononcer sur un cas fictif — un référendum par lequel la population se prononcerait en faveur de limiter le droit des femmes à l'avortement — Mme Marois a refusé de prendre position.

«C'est le genre de questions qu'il faut soulever et voir s'il y a lieu d'établir des balises et de quel ordre», a répondu Mme Marois.

Un gouvernement Marois ne se réserverait donc pas nécessairement de droit de veto, en ce domaine ou pour toute autre question controversée.

«Cette question n'est pas tranchée et je souhaite pouvoir en débattre à l'Assemblée nationale pour la trancher», a-t-elle ajouté.

Il est temps «de donner ce nouveau droit aux Québécois», a plaidé de son côté le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, qui est à l'origine de cette initiative à laquelle il tenait énormément, dans l'espoir que son parti, malmené dans les sondages, regagne la faveur populaire.

Grâce au référendum d'initiative populaire, la population pourrait aussi, en théorie, décider de la date du prochain référendum sur la souveraineté du Québec.

Durant le week-end, les quelque 500 membres du PQ présents au conseil ont adopté d'autres réformes majeures des moeurs politiques québécoises.

Leurs débats ont eu lieu sans acrimonie et le parti a conclu ses travaux dans l'harmonie, affichant une image d'unité, après des mois de déchirements sur la place publique.

Depuis juin dernier, le PQ a perdu sept députés et l'hémorragie a laissé des traces. Avec un gouvernement péquiste, les députés transfuges auront la vie dure. Les militants ont adopté à l'unanimité une proposition interdisant à un député de changer de bannière en cours de mandat. Il pourra cependant siéger comme indépendant.

Un militant de Deux-Montagnes, François Paquet, a créé un certain émoi dans la salle, prenant la parole pour supplier les membres d'appuyer cette proposition. Le député de Deux-Montagnes, Benoît Charette, a quitté le caucus péquiste pour rejoindre la Coalition avenir Québec de François Legault, en juin. M. Paquet a dit s'être senti volé et floué par ce geste.

Les députés qui voudraient changer de caucus devraient démissionner et se présenter à nouveau au cours d'une élection complémentaire sous une nouvelle bannière.

Autre changement d'importance, les adolescents de 16 et 17 ans auront le droit de voter, si le Parti québécois prend le pouvoir aux prochaines élections.

«L'analphabétisme n'est pas l'apanage des jeunes», a répliqué le député de Verchères, Stéphane Bergeron, à ceux qui jugeaient les jeunes pas suffisamment matures et informés pour voter en toute connaissance de cause.

La décentralisation des pouvoirs vers les régions sera aussi à l'ordre du jour d'un gouvernement Marois, en matière d'éducation, de santé et aussi d'exploitation des ressources naturelles. Les budgets requis seraient à l'avenant.

Par un vote serré, les militants se sont aussi prononcés en faveur de la création d'une chambre des régions élue, sorte de Sénat québécois, qui viendrait faire contrepoids à l'Assemblée nationale. De nombreux membres se sont opposés à cette idée, en faisant valoir que le projet était mal défini et qu'on leur demandait de se prononcer sur un sujet sans en connaître les implications.

Un gouvernement péquiste créerait aussi une commission chargée d'étudier la possibilité de proposer un nouveau mode de scrutin.

Le parti s'était déjà prononcé en faveur de la tenue d'élections à date fixe et Mme Marois a lancé un défi au premier ministre Jean Charest et à François Legault, dans le but de fixer une date pour déterminer la tenue du prochain scrutin, et ce, dès la rentrée parlementaire du 14 février.

Dans son discours de clôture, elle a exhorté ses militants à accélérer les préparatifs en vue des élections. «A compter d'aujourd'hui, un sentiment d'urgence doit tous nous habiter», a lancé la chef à ses troupes.

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