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L'AIEA arrive en Iran pour une visite d'inspection

29/01/2012 07:41 EST | Actualisé 30/03/2012 05:12 EDT

TÉHÉRAN, Iran - Des inspecteurs de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) sont arrivés dimanche en Iran, où ils vont tenter d'en savoir plus sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.

La délégation de l'agence onusienne devrait vraisemblablement se rendre durant sa visite de trois jours sur le site de Fordo près de Qom (130 km au sud de Téhéran), où l'Iran a annoncé début janvier avoir entamé des opérations d'enrichissement d'uranium. Le site est situé dans une région montagneuse et construit en souterrain, une protection contre d'éventuelles attaques aériennes.

Le directeur adjoint de l'AIEA en charge du dossier iranien, Herman Nackaerts, a déclaré à son départ de Vienne qu'il souhaitait que les Iraniens "abordent avec nous toutes les questions de préoccupation".

L'Iran fait l'objet de sanctions des Nations unies pour son refus de renoncer à l'enrichissement d'uranium qui, faiblement enrichi, est utilisé comme combustible nucléaire et, très fortement enrichi (à 90 pour cent environ), dans l'armement nucléaire. Téhéran assure que son programme nucléaire est strictement destiné à la production d'énergie et la recherche médicale mais refuse d'abandonner ses activités potentiellement militaires.

Le 23 janvier, les pays de l'Union européenne se sont mis d'accord lundi à Bruxelles pour imposer un embargo sur le pétrole iranien, afin d'inciter Téhéran à reprendre les discussions.

L'accord a été formellement entériné lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept. Les mesures décidées comprennent un embargo immédiat sur les nouveaux contrats portant sur le brut et les produits pétroliers iraniens. Les contrats déjà existants sont maintenus jusqu'au 1er juillet prochain. L'UE a également décidé de geler les avoirs de la banque centrale iranienne, afin d'assécher le financement du programme nucléaire de Téhéran.

L'Iran a réagi en réitérant ses menaces de fermer le détroit d'Ormuz, où transite environ un tiers du trafic maritime pétrolier mondial. L'Iran est le deuxième pays producteur de l'OPEP, avec environ quatre millions de barils/jour, et le pétrole représente une part importante de ses revenus.

Signe de tension, les inspecteurs de l'AIEA étaient attendus à l'aéroport de Téhéran par des partisans du régime arborant des portraits du scientifique Mostafa Ahmadi Rochan, tué le 11 janvier dans un attentat imputé par les autorités iraniennes aux services de renseignement israéliens. Spécialiste en chimie, Mostafa Ahmadi Rochan dirigeait le site d'enrichissement d'uranium de Natanz, dans le centre de l'Iran.

Cette visite devait coïncider avec un vote du Parlement iranien sur une proposition de loi qui exigerait du gouvernement l'interruption immédiate des exportations de pétrole vers l'Union européenne en représailles des sanctions, ce qui remettrait en cause les contrats maintenus par l'UE jusqu'au 1er juillet. Les parlementaires iraniens ont reporté le vote dimanche pour étudier davantage le projet. Aucune date n'a été fixée pour un vote.

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