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L'Allemagne envisagerait un contrôle européen sur le budget grec

28/01/2012 06:51 EST | Actualisé 29/03/2012 05:12 EDT

BERLIN - L'Allemagne a émis l'idée que la Grèce cède temporairement sa souveraineté sur le budget et les impôts à un commissaire de la zone euro, a déclaré samedi un responsable allemand à Berlin.

Cette idée a été rapidement rejetée par la Commission européenne et par le gouvernement à Athènes. A Bruxelles, la Commission a insisté sur le fait que «les tâches exécutives» devaient rester entièrement sous «la responsabilité du gouvernement grec, qui est responsable devant ses «citoyens et ses institutions».

Selon ce responsable allemand s'exprimant sous couvert de l'anonymat, la proposition, initialement rapportée par le Financial Times, est pourtant actuellement discutée par les ministres de l'Economie et des Finances des 17 pays de la zone euro.

Ces discussions s'inscrivent dans le cadre du deuxième plan d'aide international de 130 milliards d'euros entériné le 27 octobre à Bruxelles, un an et demi après le premier plan de 110 milliards accordé en mai 2010 par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

Des inspecteurs de la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et FMI) négocient actuellement avec la Grèce de nouveaux termes pour le deuxième plan et évaluent les progrès d'Athènes en matière de réduction des déficits. D'après un responsable de la troïka cité samedi par le magazine Der Spiegel, c'est de 145 milliards d'euros dont la Grèce pourrait avoir en définitive besoin.

D'après le responsable à Berlin, la proposition allemande envisage la nomination d'un commissaire doté de pouvoirs de surveillance et de décision concernant le budget grec.

Un responsable gouvernemental à Athènes a souligné que la Grèce n'accepterait pas une telle mesure. Une proposition similaire a été évoquée l'an dernier mais n'a jamais abouti, a-t-il noté.

Par ailleurs, malgré deux semaines de discussions intensives, un accord envisagé sur un allégement de la dette avec des investisseurs privés, d'un montant de quelque 100 milliards d'euros, n'a toujours pas été conclu.

Le Premier ministre grec Lucas Papademos et le ministre des Finances Evangelos Venizelos ont rencontré à nouveau des représentants de banques internationales et d'autres institutions privées samedi, mais les pourparlers se sont achevés sans accord définitif et devaient reprendre dimanche, selon des responsables à Athènes.

Avec la mission de la troïka qui se poursuit et aucun accord définitif conclu avec des créanciers du secteur privé, la Grèce ne devrait pas jouer un rôle de premier plan lors du Conseil européen de lundi, selon des responsables à Bruxelles. AP

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