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La course relativement tranquille au NPD est normale, dit un expert

28/01/2012 01:16 EST | Actualisé 29/03/2012 05:12 EDT

HALIFAX - Un professeur de science politique dit que le manque d'étincelles dans les débats de la course au leadership du Nouveau Parti démocratique (NPD) jusqu'à maintenant correspond à la culture et à l'idéologie du parti.

Les huit candidats à la chefferie néodémocrate seront dimanche à Halifax, en Nouvelle-Écosse, pour le deuxième débat officiel en vue du vote du 24 mars, lorsque les membres du parti choisiront leur nouveau chef.

Les candidats ont conservé un ton principalement amical, s'en tenant à des échanges courtois en respect de leur nature sociale-démocrate lors de plusieurs autres débats non-officiels et lors d'un événement officiel à Ottawa le mois dernier.

L'absence de friction n'est toutefois pas inhabituelle, estime Nelson Wiseman, un professeur de science politique et de politique canadienne à l'Université de Toronto.

«Certaines personnes veulent que le tout prenne des allures de duel comme il y en a eu entre Bob Rae et Michael Ignatieff, et entre Stephen Harper et Belinda Stonach... mais ce n'est pas dans la culture du NPD», a expliqué M. Wiseman, vendredi.

«Il y a une différence culturelle fondamentale, et une différence opératoire, entre le NPD et les autres partis. Dans ces derniers, les politiques sont majoritairement déterminées par les chefs.»

«Le NPD est fondamentalement différent : il se présente comme un parti de groupe.»

La course s'est davantage concentrée sur les personnalités et les qualités des candidats au leadership, plutôt que sur des politiques spécifiques, a déclaré Hugh Thorburn, un professeur de science politique à la retraite de l'Université Queen de Kingston.

«Le problème, toutefois, précise-t-il, est de poursuivre dans la voie du dynamisme de Jack Layton. Je crois que cette course au leadership est une série d'essais pour voir qui peut occuper ce rôle, et nous verrons qui l'emportera.»

Un autre problème concerne l'absence de présence des candidats dans la sphère publique, à l'exception du député montréalais Thomas Mulcair et de l'ancien président du parti Brian Topp, affirment les experts.

En fait, un sondage mené récemment par la firme Abacus Data suggère que 40 pour cent des Canadiens ne connaissent aucun des candidats. Chez les partisans du NPD, 35 pour cent d'entre eux ont répondu être dans la même situation, tandis que 54 pour cent des répondants ont dit connaître moins de deux candidats.

Le coup de sonde a été réalisé du 16 au 19 janvier auprès de 1000 Canadiens. Il comporte une marge d'erreur de 3,1 pour cent, 19 fois sur 20.

Dimanche, les huit candidats devront répondre à plusieurs inquiétudes émanant du parti. Au sommet de la liste, on retrouve la question de la percée réalisée au Québec lors des dernières élections, précise M. Thorburn.

Le débat de dimanche sera suivi, à chaque deux semaines, d'autres débats à Québec, Winnipeg, Montréal, Vancouver, puis du congrès du mois de mars.

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