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Égypte: un Nobel de la Paix pour témoigner en faveur de l'ex-ministre el-Adli

28/01/2012 05:04 EST | Actualisé 29/03/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - S'adressant à la cour, l'avocat de l'ancien ministre de l'Intérieur égyptien Habib el-Adli a demandé vendredi que le Prix Nobel de la paix et chef de file des réformes Mohamed El Baradei puisse témoigner en faveur de son client.

L'avocat Mohammed el-Gendi a déclaré qu'El Baradei pourrait attester que les forces de sécurité du ministère de l'Intérieur l'ont protégé afin qu'il se rende à sa maison sans danger la journée où les manifestations qui ont mené à la chute de l'ancien président Hosni Moubarak ont été les plus violentes.

M. El Baradei, très critique vis-à-vis du régime de Moubarak et de celui des militaires qui sont présentement au pouvoir en Égypte, n'a pas pu être rejoint pour commenter la situation.

El-Adli, Moubarak et quatre chefs des forces policières font face à des accusations de complicité pour le meurtre de manifestants pendant la révolte de 18 jours des mois de janvier et février derniers. S'ils sont reconnus coupables, ils pourraient être condamnés à la peine de mort. Moubarak et ses deux fils sont également accusés de corruption dans la même affaire.

La demande de M. el-Gendi, qui dispose de cinq jours pour présenter son argumentation, coïncide avec l'anniversaire du «Jour de la rage», date à laquelle, il y a un an, des centaines de manifestants ont été tués et blessés lors d'affrontements avec les policiers.

Des centaines de manifestants se sont réunis samedi afin de prier sur le pont Qasr al-Nil, qui enjambe la rivière du même nom. Ces protestataires voulaient honorer la mémoire de leurs pairs qui ont perdu la vie il y a un an. Certaines des confrontations les plus violentes avec les forces de sécurité ont eu lieu sur ce pont alors que les manifestants tentaient de se rendre à la place Tahrir, l'épicentre de la révolte anti-Moubarak. Le rassemblement s'inscrit dans la série de regroupements et de manifestations qui ont marqué le premier anniversaire de la révolte cette semaine, en plus d'accentuer la pression sur les militaires afin que ceux-ci cèdent le pouvoir.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) est au pouvoir depuis la démission du président Hosni Moubarak sous la pression de la rue en février dernier. Mais aujourd'hui, de nombreux manifestants veulent que le CSFA cède le pouvoir à une direction civile.

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