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Au moins 74 personnes sont tuées dans une escalade de la violence en Syrie

28/01/2012 12:00 EST | Actualisé 28/03/2012 05:12 EDT

DAMAS, Syrie - Deux jours de violences sanglantes en Syrie ont causé la mort d'au moins 74 personnes, incluant des enfants, alors que les forces fidèles au président Bachar el-Assad ont mené des raids de maison en maison et tiré sur des foules dans une escalade de la crise, ont soutenu vendredi des militants.

Des vidéos publiées en ligne montrent les corps ensanglantés de cinq enfants, cinq femmes et un homme, dans ce qui semble être un appartement après qu'un édifice eut été touché dans la ville de Homs.

La plupart des violences ont eu lieu à Homs, où des tirs à la mitrailleuse lourde ont été entendus vendredi lors d'une deuxième journée de chaos.

Au moins 384 mineurs avaient été tués en date du 7 janvier, en près de 11 mois de répression du soulèvement contre le pouvoir, a affirmé vendredi l'UNICEF, l'agence des Nations unies. Le décompte est établi selon les informations de groupes de défense des droits de la personne.

Des témoins sur place avaient raconté tôt vendredi à l'Associated Press que la ville de Homs avait été secouée pratiquement toute la journée de jeudi par des meurtres, des tirs et des explosions.

La plupart des victimes signalées se trouvaient dans un immeuble du quartier de Karm el-Zaytoun. Selon des militants, au moins 22 civils ont été tués dans le bâtiment, dont des enfants.

«Il y a eu un massacre terrifiant», a souligné Rami Abdul-Rahman, directeur de l'Observatoire syrien pour les droits de l'Homme, établi en Grande-Bretagne, demandant l'ouverture d'une enquête indépendante sur ces événements. Des vidéos diffusées en ligne par des activistes montrent les corps d'enfants enveloppés dans du plastique et alignés les uns à côté des autres. D'autres images montrent des femmes et des enfants avec le visage et les vêtements ensanglantés.

Le chef des observateurs de la Ligue arabe en Syrie a estimé vendredi que la violence dans le pays s'était accentuée ces quatre derniers jours. Le général soudanais Mohammed Ahmed al-Dabi souligne dans un communiqué que les villes de Homs, Hama et Idlib connaissent une «très forte escalade» de la violence depuis mardi.

Le responsable du quartier général de la mission d'observation, Adnan al-Khudeir, a de son côté annoncé l'envoi la semaine prochaine de 30 observateurs supplémentaires en Syrie afin de renforcer la mission, très critiquée pour son échec à stopper les violences.

Le Conseil de sécurité discute d'une nouvelle résolution

Le Conseil de sécurité des Nations unies a amorcé vendredi des négociations à huis clos sur une nouvelle ébauche de résolution arabo-européenne visant à résoudre la crise en Syrie, mais l'envoyé russe a dit ne pas pouvoir soutenir la formulation actuellement sur la table.

L'ambassadeur Vitaly Churkin a affirmé aux médias après une réunion que le texte introduit par le Maroc, nouveau membre du Conseil, comptait quelques «feux rouges» pour Moscou, mais qu'il était prêt à discuter avec les proposeurs.

Il a affirmé que ces «feux rouges» incluent toute mention de sanctions, dont un embargo sur les armes. «Nous devons nous concentrer à établir un dialogue politique», a fait valoir l'envoyé russe.

L'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant a par la suite soutenu que le texte inspiré des récentes recommandations de la Ligue arabe ne faisait pas mention d'un embargo sur les armes ou de toute autre sanction, et qu'il avait obtenu un large soutien d'autres membres du conseil.

«Nous voulons une résolution unanime», a dit M. Lyall Grant. «Franchement, le temps est venu de soutenir les efforts de la Ligue arabe.»

Les Nations unies affirment qu'au moins 5400 personnes ont été tuées dans la répression des protestations par le régime syrien.

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