Amphithéâtre à Laval: Charest fait pression sur Ottawa, mais reste prudent
DAVOS, Suisse - Le premier ministre Jean Charest presse Ottawa de verser sa juste part au Québec dans le domaine des infrastructures, mais reste prudent sur l'épineuse question des amphithéâtres.
Il réagissait ainsi à la décision du gouvernement de Stephen Harper de retirer son appui financier au projet d'amphithéâtre multifonctionnel à Laval du fait qu'une équipe de hockey professionnelle pourrait en faire son domicile.
«Nous nous attendons à ce que le gouvernement fédéral fasse sa contribution aux projets d'infrastructures au Québec», a-t-il déclaré au cours d'un entretien téléphonique avec La Presse Canadienne alors qu'il quittait Davos, en Suisse, où il a participé au Forum économique mondial.
«Si (le fédéral) ne le fait pas pour l'amphithéâtre à Laval, pour l'ensemble de ses investissements, le Québec doit aller chercher sa part», a-t-il ajouté.
M. Charest a assuré que son gouvernement allait maintenir sa contribution financière de 45 millions $ au projet quoi que fasse Ottawa.
«Notre engagement n'était pas conditionnel et nous allons le respecter», a-t-il affirmé.
En 2009, le gouvernement Harper s'était engagé à verser 15 millions pour le futur amphithéâtre lavallois. Il menace d'annuler cette contribution depuis que le quotidien La Presse a révélé, plus tôt cette semaine, que l'édifice pourrait accueillir le club-école du Canadien de Montréal, les Bulldogs, qui joue actuellement à Hamilton, en Ontario.
Il convient de préciser que le projet a pris beaucoup de retard: il devait être construit entre janvier 2010 et décembre 2011.
Or, l'an passé, dans le cadre du débat sur le nouvel amphithéâtre de Québec, qui doit servir à ramener une équipe de la Ligue nationale de hockey dans la Vieille capitale, le gouvernement fédéral a décidé qu'il ne participerait plus au financement d'installations destinées principalement à des équipes de sport professionnel.
Plus tôt cette semaine, la controverse entourant le projet lavallois a entraîné la démission du secrétaire régional du Parti québécois à Laval, Pierre Castonguay. Celui a tenu responsable la députée péquiste Agnès Maltais, qui avait vertement dénoncé Ottawa dans ce dossier, de la volte-face fédérale.
Dans la région de Québec, nombreux sont ceux qui n'ont toujours pas digéré le refus du gouvernement Harper de contribuer au projet d'amphithéâtre.
Réplique à Marois
Par ailleurs, amalgamé à François Legault par Pauline Marois vendredi, Jean Charest a répliqué avec virulence, samedi.
Le chef libéral a accusé son adversaire péquiste de «confondre ses propres échecs avec les intérêts supérieurs du Québec». Selon lui, Mme Marois est «déphasée» de la population québécoise.
Sept députés ont quitté le Parti québécois depuis juin dernier.
Trois d'entre eux ont joint les rangs de la Coalition avenir Québec de M. Legault, à qui M. Charest a reproché samedi de vouloir «faire la souveraineté de manière détournée».
Dimanche, le premier ministre devait effectuer une visite personnelle à Munich, en Allemagne, mais le travail l'a rattrapé. Martin Zeil, vice-président et ministre de l'Économie de la Bavière, qu'il connaît bien, lui a tendu une invitation à le rencontrer afin de faire le point sur divers dossiers.


Première Publication: 28/01/2012 16:00 Mis à jour: 30/01/2012 14:06