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Sénégal: le président pourrait briguer un 3e mandat malgré une vive opposition

27/01/2012 07:12 EST | Actualisé 28/03/2012 05:12 EDT

DAKAR, Sénégal - Le plus haut tribunal du Sénégal a statué vendredi que le président Abdoulaye Wade, de plus en plus mal en point à l'âge de 85 ans, pourra briguer un troisième mandat dans les élections du mois prochain. Il s'agit d'un dur coup aux opposants, qui ont promis de prendre les rues d'assaut si le dirigeant vieillissant ne se retire pas.

Quelques minutes après le verdict de la cour, la police a projeté des gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de jeunes hommes s'étant rassemblés au centre-ville.

Les protestataires se sont dissimulés dans des rues avoisinantes. Par groupes de cinq ou six, ils ont retraité pour lancer des pierres à la police. Dans plusieurs autres quartiers, des manifestants ont transporté des tables en bois de marchés à des intersections et les ont enflammées.

La légalité de la candidature du président Abdoulaye Wade est contestée avec force car la constitution avait été révisée peu après qu'il ait pris le pouvoir en 2000 dans le but d'imposer une limite de deux mandats. Le dirigeant argue que la nouvelle législation ne devrait pas s'appliquer dans son cas, étant donné qu'il a été élu avant son entrée en vigueur.

Le tribunal a délibéré à huis clos pendant plusieurs heures avant de présenter une liste de 14 candidats approuvés, incluant Abdoulaye Wade.

La vedette sénégalaise de la pop, Youssou Ndour, probablement le musicien le plus célèbre du pays, ne figure pas sur la liste — un autre revers pour l'opposition, qui avait espéré que sa candidature attirerait les projecteurs sur la course à l'international.

Avocat de formation, plusieurs fois diplômés en France, Abdoulaye Wade a passé 25 ans à titre de leader de l'opposition au Sénégal. Il a perdu quatre élections avant d'avoir gain de cause lors du scrutin tenu il y a 11 ans, alors perçu comme une avancée démocratique.

Depuis son entrée en poste, il a fait face à une opposition croissante, d'abord pour avoir délégué de plus en plus de pouvoirs à son fils, puis en raison de scandales de corruption ayant porté ombrage aux accomplissements de son administration, incluant la construction de bon nombre de routes et de ponts.

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