NOUVELLES

Des étudiants bloquent l'accès au ministère de l'Éducation à Montréal

27/01/2012 08:55 EST | Actualisé 28/03/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Dans un nouveau coup de semonce avant la guerre qui risque de les opposer au gouvernement Charest, des étudiants ont bloqué l'accès aux bureaux montréalais du ministère de l'Éducation, vendredi matin.

Sous une pluie glaciale, environ une centaine de militants de différentes associations étudiantes ont manifesté devant trois entrées différentes de l'édifice afin de dénoncer la hausse des droits de scolarité. Ils devaient être rejoint par des renforts plus tard en avant-midi.

«On procède à un blocage extérieur de l'immeuble pour signifier au gouvernement de Jean Charest que tant et aussi longtemps qu'il va vouloir bloquer l'accès à l'éducation supérieur, nous on va bloquer le Québec, ce qui inclut bloquer des bureaux», a expliqué Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE (Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante), qui organisait la manifestation.

«Nous on pense que c'est en démontrant qu'on est capable de se mobiliser, qu'on est capable de déranger les choses, qu'on va montrer notre détermination à garder l'éducation accessible», a-t-il ajouté.

Les policiers, plutôt nombreux, se contentaient d'observer sans intervenir. Plusieurs autopatrouilles avaient été dépêchées sur place.

Des fonctionnaires ont passé sans problème les piquets de grève des étudiants. Quelques-uns d'entre eux ont affirmé qu'ils appuyaient les revendications étudiantes, alors que d'autres semblaient mécontents de la situation.

«Il y a des gens qui nous ont dit qu'ils étaient solidaires avec notre cause, d'autres moins. C'est ce qui arrive dans ce genre d'occasion-là», a expliqué le porte-parole.

Les différentes associations étudiantes de la province promettent un durcissement de leurs moyens de pression dans les prochaines semaines. Une grève générale serait même inévitable, selon l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, à moins que le gouvernement ne change soudainement d'avis.

«C'est l'action de lancement de la campagne, on envoie un ultimatum au gouvernement Charest», a affirmé M. Nadeau-Dubois. Si d'ici le prochain mois il ne recule pas sur sa décision d'augmenter les frais de scolarité universitaires, nous on va se diriger vers une campagne de grève.»

Si elle était déclenchée, une campagne de grève devrait débuter dans la deuxième moitié du mois de février.

Au printemps dernier, le premier ministre Jean Charest a annoncé une hausse des droits de scolarité universitaires de 325 $ par année pendant cinq ans. La facture annuelle des étudiants bondirait ainsi de 1625 $, soit 75 pour cent, mais demeurerait parmi les moins élevées en Amérique du Nord.

Le gouvernement Charest plaide que les programmes de prêts et bourses compenseront la hausse des droits de scolarité pour les étudiants les plus démunis.

La cabinet de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, n'a pu être immédiatement joint pour commenter la situation.

PLUS:pc