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Un duel Juppé/Hollande incisif et tendu

26/01/2012 04:44 EST | Actualisé 27/03/2012 05:12 EDT

PARIS - François Hollande et Alain Juppé ont livré un duel télévisé incisif et tendu jeudi. Le candidat socialiste à l'élection présidentielle a défendu fermement son programme face au ministre des Affaires étrangères qui lui reprochait son manque de "clarté".

Ouvrant le débat, Alain Juppé s'est amusé à employer le diminutif "Sarko" pour désigner le président de la République. François Hollande, qui avait évité de nommer le chef de l'Etat depuis le début de l'émission, l'a aussitôt corrigé: "Monsieur Sarkozy". "Vous l'avez dit!", s'est félicité le ministre d'Etat, dans un sourire roublard.

L'Elysée, "vous vous y préparez, mais vous êtes un peu trop sûr d'avoir tourné la page" du gouvernement Fillon, a averti M. Juppé.

Le candidat socialiste a attaqué la majorité sur son bilan budgétaire, soulignant que la dette publique avait doublé depuis 2002 et dénonçant le "paquet fiscal qui a coûté à peu près 8 ou 9 milliards". Selon lui, les Français sont "tout à fait conscients qu'il y a une crise, mais ils ont vu aussi qu'il y a eu des choix injustes, inefficaces, incohérents".

Ce bilan est "caricatural", a dénoncé M. Juppé, reprochant au programme présenté jeudi par le candidat socialiste de manquer de "clarté". "Cette obscure clarté qui tombe des étoiles", a-t-il ironisé, citant un célèbre oxymore employé par Corneille dans "Le Cid".

Dans les 20 milliards de dépenses prévues par le candidat du PS, il n'y a pas "le coût de la dépendance" ni "l'impact de l'abandon de la réforme des retraites", a affirmé le maire de Bordeaux, pointant aussi du doigt des recettes qui "ne tiennent pas la route". Sur la fonction publique, "les contradictions (du candidat du PS, NDLR) sont multiples", a-t-il estimé.

Reprochant à François Hollande sa "tendance à l'exagération et au sectarisme", Alain Juppé l'a aussi mis en garde contre son "arrogance". "Faites attention, vous êtes très, très sûr de vous", l'a-t-il averti.

"En matière d'arrogance, je pense que chacun a à faire son examen de conscience", a rétorqué François Hollande un peu plus tard, alors que le ministre des Affaires étrangères se moquait ouvertement de lui sur son attitude hypothétique, en tant que chef de l'Etat, face au président chinois.

"Vous avez quand même des rechutes possibles", s'est amusé le député de Corrèze. Le maire de Bordeaux est célèbre pour avoir prononcé la phrase "je suis droit dans mes bottes", alors qu'il était au sommet de son impopularité en tant que Premier ministre en 1995.

A la fin du débat, Alain Juppé, a insisté pour avoir le dernier mot pour rappeler que "depuis 20 ans, le favori de janvier n'a jamais été le président du mois de mai".

"Soyez heureux. Soyez confiant", a rétorqué François Hollande, à qui revenait le privilège de conclure. "Je me permets d'être le favori du mois de janvier et nous verrons bien qui sera l'élu du mois de mai parce que ce sont les Français qui choisissent". AP

sc/cb

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