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Le gouvernement Harper s'attaquera aux retraites et à l'immigration

26/01/2012 03:29 EST | Actualisé 27/03/2012 05:12 EDT

DAVOS, Suisse - C'est à Davos, en plein coeur des Alpes suisses, que le premier ministre Stephen Harper a choisi, jeudi, d'annoncer aux Canadiens que son gouvernement préparait des changements importants en matière de retraite et d'immigration.

Dans un discours prononcé à l'occasion de la prestigieuse réunion annuelle du Forum économique mondial, mais dans un amphithéâtre aux trois quarts vide, M. Harper a mis la table pour le prochain budget fédéral, qui doit être déposé plus tard cet hiver.

«Sous notre gouvernement, le Canada effectuera les transformations nécessaires pour alimenter la croissance économique, la création d'emplois et la prospérité, maintenant et pour la prochaine génération», a-t-il déclaré, évoquant le besoin pour le pays de se «préparer dès maintenant aux pressions démographiques».

«Notre situation démographique représente une menace pour les programmes sociaux et les services que les Canadiens ont à coeur», a-t-il prévenu.

Pour corriger le tir, le gouvernement conservateur entend d'abord «limiter» la croissance des dépenses du «système de revenus de retraite». Stephen Harper a donné bien peu de détails sur ses intentions, mais il a fait un parallèle avec la récente décision d'Ottawa de plafonner la croissance des transferts aux provinces en matière de santé.

«Nous allons apporter les changements nécessaires aux éléments du système qui ne sont pas bien financés afin d'assurer leur pérennité pour la prochaine génération, sans toutefois désavantager les citoyens qui sont déjà à la retraite», a-t-il indiqué.

Dans l'entourage du premier ministre, on a attiré l'attention sur l'explosion des coûts de la Sécurité de la vieillesse. Ottawa prévoit que la facture de ce programme passera de 36 milliards $ par année en 2010 à 108 milliards $ en 2030, du fait que le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans passera de 4,7 à 9,3 millions pendant cette période.

Le gouvernement songe à apporter des changements à ce programme depuis plusieurs années. Une des avenues envisagées est de hausser l'âge d'admissibilité aux prestations.

À Toronto, le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, a toutefois assuré qu'Ottawa ne prévoyait aucune coupe dans les versements directs aux provinces et aux particuliers, y compris ceux de la Sécurité de la vieillesse. M. Clement dirige actuellement un examen en profondeur des dépenses fédérales qui doit conduire à d'importantes compressions dans le prochain budget.

Immigration et énergie

Stephen Harper a ensuite promis une «réforme significative» des règles d'immigration.

«Tout en respectant nos obligations humanitaires et nos objectifs de réunification des familles, nous nous assurerons de faire de nos besoins de main-d'oeuvre l'objectif central de nos efforts d'immigration à l'avenir», a-t-il expliqué.

Prenant la parole à Calgary, le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, a précisé jeudi que son ministère s'apprêtait à resserrer les exigences linguistiques pour les nouveaux arrivants.

Économie

M. Harper a par ailleurs estimé que le bilan du Canada en matière de recherche en développement était «loin d'être optimal». Aussi s'est-il engagé à adopter rapidement des mesures pour faire suite au rapport Jenkins sur le sujet.

Abordant la situation mondiale, Stephen Harper a soutenu qu'avec leurs généreux programmes sociaux, financés en bonne partie par un endettement excessif, plusieurs pays développés vivaient au-dessus de leurs moyens.

«Je me demande si la croissance économique, et par ricochet la création d'emplois, est vraiment la priorité politique numéro un pour tout le monde, a-t-il lancé. (...) La richesse des économies occidentales n'est en rien plus inévitable que la pauvreté des économies émergentes.»

Selon lui, les problèmes financiers qui secouent actuellement l'Europe et les États-Unis menacent encore de prendre de l'ampleur.

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