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Hollande présente son projet "favorable aux classes moyennes"

26/01/2012 05:09 EST | Actualisé 26/03/2012 05:12 EDT

PARIS - François Hollande a assuré jeudi que son projet présidentiel était "favorable" aux classes moyennes. C'est en taxant les hauts revenus et les grandes entreprises que le candidat socialiste à la présidence entend résorber le déficit public tout en investissant dans ses priorités, au premier rang desquelles la réindustrialisation et l'emploi.

Le député de Corrèze a présenté ses "60 engagements pour la France" devant des journalistes rassemblés à la Maison des Métallos, à Paris. Dans un contexte de crise budgétaire, il a expliqué qu'il comptait rétablir les finances publiques en annulant 29 milliards d'euros de "cadeaux fiscaux" accordés selon ses calculs par la droite aux ménages les plus aisés et aux grandes entreprises.

En ces temps de montée du chômage, François Hollande prévoit de consacrer 20 milliards d'euros à ses priorités d'ici 2017, dont cinq au soutien à l'industrie et aux petites et moyennes entreprises (PME) et 5 autres milliards à l'emploi, notamment celui des jeunes. Des politiques qu'il espère équilibrer par des réductions de dépenses ou par un financement spécifique.

Sobriété budgétaire oblige, le candidat a revu à la baisse deux des mesures contenues dans le projet adopté par le Parti socialiste avant ses primaires. Au lieu des 300.000 emplois d'avenir initialement envisagés, il n'en promet plus que 150.000, destinés en priorité aux quartiers populaires. Au lieu des 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires prévus, il ne s'engage plus que sur 1.000 postes par an dans la justice, la police et la gendarmerie.

"Je ne promets que ce que je suis capable de tenir, pas moins, pas plus", a déclaré François Hollande. "Tout ce qui est dit sera fait dans le quinquennat", a-t-il promis.

Dans le fascicule récapitulant ses "60 engagements pour la France", le candidat socialiste ne formule aucune promesse salariale. Interrogé sur l'absence de revalorisation du SMIC dans son programme, il a expliqué qu'il réunirait les partenaires sociaux à l'été 2012 et que cette question serait abordée.

M. Hollande assure que le pouvoir d'achat des Français sera protégé par plusieurs mesures de sa plate-forme. Il propose notamment d'encadrer les loyers dans les zones à forte demande, de favoriser la construction de logements sociaux et intermédiaires, de faire adopter une tarification progressive de l'eau, de l'électricité et du gaz, d'augmenter de 25% l'allocation de rentrée scolaire (ARS) ou encore d'encadrer les dépassements d'honoraires des médecins.

Quatre jours après son discours du Bourget où il a désigné le "monde de la finance" comme son "véritable adversaire", le candidat socialiste a suggéré de taxer les bénéfices des banques à hauteur de 15% et de mettre en place trois taux d'imposition différents sur les sociétés: 35% pour les grandes, 30% pour les petites et moyennes, 15% pour les très petites. Il a aussi promis d'obliger les entreprises qui délocalisent à rembourser les aides publiques reçues.

"Tout mon projet est un projet qui sert les intérêts de la France, de son redressement, de sa cohésion", a affirmé François Hollande. Il projette de réduire le déficit public à 3% du produit intérieur brut (PIB) en 2013 et d'avoir rétabli l'équilibre budgétaire pour la fin de son mandat, en 2017. Et ce, tout en rendant l'impôt plus équitable.

Il propose ainsi de créer une tranche supplémentaire pour taxer à 45% les revenus supérieurs à 150.000 euros par part, et de limiter à 10.000 euros par an la diminution d'impôt qu'un ménage peut tirer des "niches fiscales". Il veut aussi abaisser le plafond du quotient familial pour les foyers les plus aisés -ce que la droite assimile à une atteinte aux classes moyennes.

"Elles seront protégées", a au contraire promis François Hollande. "Les seuls qui seront concernés par nos mesures sont les plus hauts revenus." "Toutes nos mesures sont favorables aux classes moyennes", a insisté le député de Corrèze, admettant que ces mesures seraient "forcément plus sévères" à l'égard des personnes ayant des revenus et un patrimoine importants, et qui devront "faire l'effort de solidarité". AP

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