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Daniel Paillé craint que ses adversaires veuillent faire la fête au Bloc

26/01/2012 04:42 EST | Actualisé 27/03/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le nouveau chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, accuse ses adversaires politiques à Ottawa de profiter de sa faiblesse pour soumettre Gilles Duceppe à un processus injuste.

Lundi matin, le Bureau de régie interne de la Chambre des communes se réunira pour se pencher sur le dossier de l'ex-leader bloquiste. On lui reproche d'avoir payé le salaire du directeur général du parti à même son budget parlementaire. M. Duceppe maintient qu'il avait le droit de faire cela, son budget pouvant servir à des activités partisanes, selon la lecture qu'il fait des règles.

Mais lundi, la réunion du Bureau de régie interne se tiendra à huis clos et n'y assisteront que les députés dont les partis sont reconnus en Chambre. Donc, aucun député bloquiste ne fera partie de l'exercice.

Selon M. Paillé, les partis fédéralistes approchent cette affaire «de manière très politique et partisane».

«Il serait odieux que l'on se fasse la fête du Bloc québécois et de son ancien chef par les partis fédéralistes, le NPD, le Parti conservateur et le Parti libéral. Je trouverais ça odieux», prévient M. Paillé.

«Mais peut-être qu'ils vont le faire et ça, ça ne m'étonnera pas», conclut-il.

Ceux à qui M. Paillé prête ces intentions s'en défendent.

Le député libéral Marc Garneau assure que le Bureau de régie interne fera son travail sans partisanerie aucune. Même promesse de la part du conservateur Jacques Gourde.

«Le Bloc québécois n'est pas en cause. C'est Gilles Duceppe qui est en cause», argue le député Gourde.

«C'est l'individu comme tel qui va être jugé», promet-il.

Au bureau du premier ministre Stephen Harper, on ne semble pas faire cette distinction.

«Nous nous attendons à ce que le Bloc retourne toute la somme qui aurait été reçue de manière inappropriée», écrit dans un courriel un porte-parole du premier ministre.

Les choses pourraient ne pas s'arrêter avec la décision du Bureau de régie interne. À n'importe quel moment, un député peut soulever la question dans un autre comité parlementaire et y convoquer M. Duceppe.

«N'importe quel membre (du Parlement) peut demander une enquête. (...) C'est un peu comme le scandale des commandites dans le temps. C'est d'autres députés qui ont demandé d'aller plus loin dans l'enquête. Ce n'est pas exclu présentement encore», dit M. Gourde.

Y a-t-il un appétit chez les députés pour pousser l'affaire?

«Ça va dépendre des conclusions (du Bureau de la régie interne). On verra», dit M. Garneau.

Au Nouveau Parti démocratique, on dit aussi attendre cela avant de voir quelles seront les prochaines étapes, s'il y en a.

Pendant ce temps, Gilles Duceppe prépare une sortie publique, probablement la semaine prochaine, pour se défendre.

Et Daniel Paillé, lui, se retrouve avec des «dossiers surprenants» auxquels il ne s'attendait pas. «J'assume», raconte-t-il, en route jeudi matin vers un discours à l'Université de Montréal.

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