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«The Invisible War» lève le voile sur les viols au sein de l'armée américaine

25/01/2012 04:41 EST | Actualisé 26/03/2012 05:12 EDT

PARK CITY, États-Unis - Le département de la Défense américain estime que plus de 19 000 soldats et soldates ont été agressés sexuellement par leurs collègues en 2010. Au moins 20 pour cent des femmes et 1 pour cent des hommes, soit environ 500 000 personnes, ont subi des violences sexuelles alors qu'ils travaillaient pour les forces armées.

Ce sont ces statistiques troublantes qui ont poussé le réalisateur Kirby Dick et la productrice Amy Ziering à tourner «The Invisible War», un documentaire qui examine l'épidémie de viols au sein de l'armée des États-Unis, les conséquences pour les victimes et les raisons expliquant pourquoi si peu de cas sont traduits en justice.

Le film a été présenté en grande première au Festival de Sundance, en Utah, où il est en compétition dans la catégorie des documentaires américains.

M. Dick et Mme Ziering ont fait le tour du pays afin d'interviewer quelque 70 militaires ayant été agressés sexuellement dans le cadre de leur travail.

Ils ont notamment rencontré Kori Cioca, qui a quitté la garde côtière après avoir été battue et violée par son supérieur. Cinq ans plus tard, elle souffre toujours de stress post-tramautique et attend encore l'approbation du département des anciens combattants pour une opération à la mâchoire, disloquée de manière permanente par son assaillant.

«The Invisible War» permet également au public de faire la connaissance de la lieutenante Ariana Klay, qui a été envoyée en Irak avant d'être victime d'un viol collectif perpétré par un officier haut gradé et ses amis à la base des Marines à Washington. Le mari de Mme Klay, qui est aussi membre du corps d'élite, pleure en confiant à quel point il a peur que sa femme se suicide.

«Nous n'étions pas vraiment prêts à entendre toutes ces histoires», a admis Amy Ziering. «Elles avaient toutes beaucoup de points en commun et étaient toutes aussi horribles les unes que les autres.»

La productrice a toutefois été soulagée d'apprendre que, dans les unités où les commandants ne tolèrent aucune forme d'harcèlement sexuel, il n'y a pas de problème de viols. Une découverte qui a permis au duo de rester optimiste tout au long de son projet.

«Notre plus grand souhait a été et continue d'être que les témoignages des victimes rapportés dans le film contribueront à changer les choses pour des centaines de milliers d'hommes et de femmes au sein des forces armées», a révélé M. Dick.

Le documentariste croit que la situation n'est pas désespérée puisque, quand l'armée a décidé de bannir la ségrégation et le racisme de ses rangs au début des années 1960, elle a fait des progrès significatifs dans ce domaine en une décennie seulement.

Alors, pourquoi ne fait-elle pas de même pour les agressions sexuelles?

«Elle ne prend pas le problème suffisamment au sérieux et nous espérons que le film lui permettra de voir les répercussions», a soutenu Mme Ziering. «Une fois qu'elle aura saisi le message, elle sera motivée à agir. Parce que c'est évident qu'elle doit faire quelque chose.»

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