Les étonnants masques de jade mayas exposés à la Pinacothèque de Paris

Masques Jade Mayas Paris

Première Publication: 25/01/2012 10:38 Mis à jour: 13/02/2012 10:06

PARIS - Pour la première fois hors du Mexique, les masques de jade mayas, créés il y a près de 1.500 ans pour les plus hauts dignitaires de cette civilisation d'Amérique centrale afin de leur assurer une vie éternelle, sont présentés au public à partir de jeudi à la Pinacothèque de Paris.

Composée d'une centaine d'oeuvres venues de plusieurs sites mayas mexicains (Calakmul, Palenque, Campeche), cette exposition replace ces magnifiques et étonnants masques de jade mayas dans le contexte historique et archéologique de la période dite classique, l'apogée de cette fascinante civilisation précolombienne.

Mis en valeur par une scénographie très sobre, les objets et les masques présentés ont été découverts il y a une vingtaine d'années et objets de recherches et de restauration pendant plus d'une dizaine d'années, notamment par la commissaire de l'exposition, Sofia Martinez del Campo Lanz, et une équipe pluridisciplinaire (archéologues, etc.).

Dans la culture maya, "tout est représenté par des images", souligne la commissaire de l'exposition, Sofia Martinez del Campo Lanz, spécialiste de la restauration de masques funéraires mayas, de l'Institut national d'anthropologie et d'histoire (INAH). Et le jade, pierre sacrée, a une signification particulière, à la fois de la fertilité, la renaissance, le souffle, lien entre les trois plans du cosmos maya (monde inférieur, terre, ciel).

Les Mayas ont donc utilisé le jade pour les masques représentant les dieux mais aussi ceux des dignitaires, placés dans leur tombeau, accompagnés de leurs bijoux et des accessoires jugés importants pour leur passage dans l'au-delà, comme des vases contenant du maïs et du cacao. Car "le jour le plus important de la vie était le jour de mort", auquel le dignitaire était "préparé toute sa vie".

Le masque représentant un Dieu important comme celui du Soleil ou du Maïs conférait à celui qui le portait leurs pouvoirs, et placé sur le visage d'un dignitaire défunt, ce masque devait apporter la transfiguration vers l'éternel à celui qui le portait. Le travail autour de ces tombeaux a permis pour la première fois l'interprétation complète du symbolisme funéraire, note Sofia Martinez del Campo.

Sept tombes de dirigeants mayas sont ainsi reconstituées à la Pinacothèque, certaines avec les pièces originales, d'autres avec des reproductions comme celle du temple des Inscriptions construit pour le roi Pakal, trop précieuse pour sortir du Mexique.

Bien que reconstitués, le masque et les bijoux de Pakal permettent au visiteur de mieux comprendre le rôle des différents objets présents dans les tombeaux des dignitaires mayas.

Choisi pour illustrer l'affiche de l'exposition, le très beau masque funéraire en mosaïque de jade de Calakmul reprend la symbolique des croyances mayas, comme les coquillages sortant du nez et de la bouche figurant le souffle, symbole de l'âme qui voyage entre les univers.

A l'origine, cette exposition devait être présentée dans le cadre de l'année du Mexique en France en 2011, manifestation annulée à cause des tensions entre Paris et Mexico au sujet de l'affaire Florence Cassez. AP

"Les masques de jade mayas"

du 26 janvier au 10 juin 2012 à la Pinacothèque de Paris

tous les jours de 10h30 à 18h30 (jusqu'à 21h le vendredi)

entrée: 10 euros (plein tarif); 8 euros (enfants de plus de 12 ans, étudiants, chômeurs)

Sur le Net:

www.pinacotheque.com

ljg/cov/pyr

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Publié par Julie Marcil  |