François Legault et les députés de la CAQ tiennent leur premier caucus

Caq Francois Legault

Première Publication: 25/01/2012 10:46 Mis à jour: 13/02/2012 10:07

QUÉBEC - La Coalition avenir Québec (CAQ) souhaite intervenir à chacune des périodes de questions à compter de la reprise des travaux parlementaires, le 14 février.

Composée de neuf députés _ trois transfuges péquistes et six ex-adéquistes _ la CAQ espère conserver les privilèges consentis par la présidence de l'Assemblée nationale à l'Action démocratique. L'ADQ avait fait élire sept députés au scrutin général de 2008.

«On ne trouverait pas ça normal de ne pas avoir l'équivalent de ce qu'avait l'ADQ comme temps de parole», a fait valoir mercredi le leader caquiste François Legault, au terme d'une première réunion de travail de l'équipe coalisée à Québec.

Paralysé par des déchirements internes, le Parti québécois est incapable de jouer efficacement son rôle d'opposition officielle, a-t-il ajouté en point de presse.

«On voit toutes les chicanes au Parti québécois et je pense que la population a le droit d'avoir des gens qui viennent vraiment rappeler le gouvernement à ses responsabilités. Pour ça, on a besoin de temps de parole et on va le demander à l'Assemblée nationale», a-t-il dit.

La CAQ veut obtenir une reconnaissance formelle de l'Assemblée nationale en tant que deuxième groupe d'opposition _ un statut qui s'accompagne de budgets de fonctionnement de l'ordre de plusieurs centaines de milliers de dollars.

Mais à cet égard, la Coalition risque de se frotter à l'opposition du Parti québécois et du gouvernement de Jean Charest. Une aberration, selon M. Legault.

«Ça fait plusieurs mois que M. Charest et Mme Marois me demandent de mettre de côté l'organisme sans but lucratif et de créer un parti politique. Alors ce serait le 'boutte du boutte' que Mme Marois et M. Charest ne nous reconnaissent pas comme parti», a-t-il lancé.

Si jamais les leaders des deux principaux partis s'objectent à la reconnaissance de la CAQ, la population devra en tirer les conclusions qui s'imposent, a poursuivi M. Legault.

«Ce sera à la population d'évaluer M. Charest ou Mme Marois. S'ils ont peur de la Coalition, la population conclura qu'ils ont peur de leurs responsabilités.»

Du reste, le cofondateur de la Coalition rejette du revers de la main l'argument selon lequel le nouveau parti ne devrait pas être reconnu par l'Assemblée nationale parce qu'aucun de ses députés n'a été élu sous sa bannière.

«Il y a eu une fusion entre l'ADQ et la Coalition et nous considérons que les six députés de l'ADQ sont maintenant dans un même parti, peu importe le nom. Un parti a le droit de changer de nom, de se fusionner», a-t-il avancé.

Le leader caquiste s'est présenté tout sourire devant les reporters aux côtés de son chef parlementaire, Gérard Deltell, qui a dirigé l'ADQ jusqu'à ce que les membres du parti avalisent la fusion avec la CAQ en fin de semaine dernière.

M. Legault a fait connaître la composition de son «cabinet fantôme», confiant à l'ancien péquiste de Deux-Montagnes Benoît Charette la présidence du caucus et la responsabilité des dossiers touchant la culture, l'immigration et les relations internationales.

La députée de Lotbinière et ex-adéquiste Sylvie Roy sera quant à elle leader parlementaire en plus d'interpeller le gouvernement sur les questions de justice, de sécurité publique et de transport.

François Bonnardel, ancien adéquiste de Shefford, s'occupera des dossiers relatifs aux finances et à la santé. Le député de La Peltrie Éric Caire, un ex-indépendant issu des rangs de l'ADQ, combinera les fonctions de porte-parole en éducation et en affaires intergouvernementales.

Autre ancien de l'ADQ, le coloré député de Beauce-Nord, Janvier Grondin, sera responsable de la filière de l'agriculture, alors que Marc Picard, ex-indépendant de Chutes-de-la-Chaudière, critiquera les décisions du Conseil du trésor.

Le député de Blainville et ex-péquiste Daniel Ratthé sera porte-parole en matière de famille, alors que François Rebello tentera de cumuler de manière harmonieuse les dossiers de l'environnement et du développement économique.

Député de La Prairie, M. Rebello a quitté les rangs péquistes dans la controverse en début d'année en claironnant sa volonté de faire avancer la cause souverainiste au sein de la CAQ.

Dans son mot de bienvenue auprès de ses députés, M. Legault a dit vouloir aborder «les vrais sujets» à l'Assemblée nationale et pousser dans ses derniers retranchements le gouvernement Charest qui, selon lui, est «usé» et ne «va nulle part».

«On va avoir neuf députés qui vont être d'attaque contre le gouvernement Charest, un gouvernement usé mais qui n'est pas trop 'challengé'. On a besoin de revenir au bilan de Jean Charest qui est là depuis presque 10 ans alors que ça ne va pas bien en santé, en éducation et en économie», a dit M. Legault.

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Publié par Isabelle Marceau  |