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Des centaines de milliers d'Égyptiens se sont rassemblés place Tahrir

25/01/2012 01:50 EST | Actualisé 26/03/2012 05:12 EDT

CAIRE, Égypte - Des centaines de milliers d'Égyptiens se sont rassemblés mercredi sur l'emblématique place Tahrir du Caire pour marquer le premier anniversaire du soulèvement populaire qui avait mis fin à 29 ans de règne autoritaire du président Hosni Moubarak.

Les islamistes et leurs rivaux progressistes et laïques se sont réunis à des endroits différents sur la place, épicentre du mouvement de contestation commencé le 25 janvier 2011, qui avait conduit à la chute d'Hosni Moubarak le 11 février.

Côté islamiste, des discours ont été prononcés depuis un grand podium monté par les Frères musulmans, vainqueurs des élections législatives de décembre et janvier. Des sympathisants de la confrérie ont entonné des chants religieux et crié «Allahou Akbar» («Dieu est grand»).

Rassemblés de l'autre côté de la place, le camp des libéraux et laïcs a scandé «À bas le régime militaire!», demandant que le maréchal Hussein Tantaoui, ex-ministre de la Défense de Moubarak et nouvel homme fort du pays, soit exécuté pour la mort de manifestants tués ces derniers mois par l'armée. «Tantaoui, viens tuer d'autres révolutionnaires, nous voulons ton exécution», ont-ils lancé, en référence aux 80 manifestants tués par les militaires depuis octobre.

Le réformateur Mohamed ElBaradeï, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la paix 2005, avait pris la tête d'un cortège de plusieurs milliers de personnes. Celles-ci ont pénétré sur la place alors que des tambours retentissaient en hommage aux manifestants tués depuis un an.

D'autres marches regroupant des milliers de personnes ont gagné la place en provenance d'autres quartiers du Caire. Beaucoup portaient des masques représentant les visages de manifestants tués.

Contrairement à de nombreux manifestants, M. ElBaradeï a estimé que le retour des militaires dans leurs casernes n'était pas la priorité. «Je ne pense pas que ce soit la question aujourd'hui», a-t-il déclaré à l'Associated Press. «Nous devons nous mettre d'accord sur les moyens d'atteindre les objectifs de la révolution en commençant par établir une Constitution démocratique correcte, en améliorant l'économie, la sécurité et l'indépendance de la justice et des médias, et en s'assurant que ceux qui ont tué ces gens soient poursuivis.»

Aucun soldat ni policier n'était visible mercredi place Tahrir, signe que l'armée cherchait à éviter de nouveaux affrontements après les violences de novembre et décembre.

Le camp progressiste et les islamistes ont une vision différente du soulèvement de 2011. Le premier appelle à poursuivre la «révolution», pour en finir avec le régime Moubarak, selon eux largement maintenu en place par le nouveau pouvoir militaire, et pour obtenir que les responsables de la répression sanglante des manifestations soient jugés.

De leur côté, les Frères musulmans estiment que la révolution a réussi, que l'heure n'est plus aux manifestations et que la population doit se rallier derrière le nouveau Parlement, qui a tenu sa séance inaugurale lundi.

Le Conseil suprême des forces armées, qui dirige le pays depuis la chute de Moubarak, a décrété le 25 janvier jour férié pour marquer le premier anniversaire du soulèvement. Le maréchal Tantaoui a annoncé mardi la levée partielle de l'état d'urgence en vigueur depuis plus de 30 ans. Il a également ordonné la libération de centaines de civils condamnés à la prison par des tribunaux militaires.

Hosni Moubarak, 83 ans, est aujourd'hui jugé avec son ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adli et quatre responsables de la police pour complicité de meurtre de quelque 850 manifestants lors de l'insurrection populaire du début 2011. L'ancien «raïs» risque la peine de mort.

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