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Tunisie: la police disperse des salafistes dans une faculté

24/01/2012 03:06 EST | Actualisé 25/03/2012 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Les forces de l'ordre tunisiennes ont dispersé mardi des salafistes qui observaient un sit-in à la faculté des lettres de la Manouba, près de Tunis, pour réclamer l'accès aux examens d'étudiantes portant le voile intégral, selon le porte-parole du ministère tunisien de l'Enseignement supérieur, Hatem Kattou.

Le conseil scientifique de l'établissement interdisait le port du niqab, un voile intégral islamique couvrant tout le corps et le visage et qui ne permet pas l'identification de l'étudiante.

Les perturbations causées par une dizaine d'islamistes radicaux rejoints par d'autres personnes entièrement voilées durent depuis la fin novembre, a affirmé le doyen de la faculté, Habib Kazdaghli, qui dit avoir été agressé, comme plusieurs enseignants.

C'est la troisième fois que la police intervient pour déloger les «barbus». Les ministères de l'Enseignement et de l'Intérieur ont agi «à la demande du doyen (...), en présence du procureur de la République». «Tout le monde est désormais mobilisé pour assurer le déroulement des examens dans des conditions normales», a déclaré M. Kattou à l'Associated Press.

Il a «fermement condamné toute atteinte au corps enseignant», faisant référence à des menaces verbales des salafistes.

Lundi, le journaliste Zied Krichène et l'universitaire Hamadi Redissi avaient été insultés et roués de coups par des salafistes devant le palais de justice de Tunis après l'audience du procès, finalement ajourné au 19 avril, de la chaîne privée Nessma TV. Cette dernière est poursuivie pour avoir diffusé le film d'animation franco-iranien «Persépolis», dans lequel Dieu est représenté, ce que le Coran interdit.

Le chef du gouvernement, l'islamiste Hamadi Jebali, a dénoncé ces agressions, assurant qu'une enquête était ouverte et que les coupables seraient poursuivis. «Il ne peut y avoir de liberté de l'information sans respect de l'intégrité physique des journalistes, indépendamment des différences d'opinion», a-t-il dit. Il a par ailleurs affiché sa détermination à mettre fin aux «sit-ins sauvages», aussi bien dans les entreprises et les universités que sur la voie publique.

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