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«Ça n'arrange personne», dit Pauline Marois

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PAULINE MAROIS
Pauline Marois lors de sa conférence de presse du 20 janvier | PC

MONTRÉAL - La controverse sur le Bloc québécois qui aurait payé son directeur général à même des fonds versés par la Chambre des communes gêne la cause souverainiste, selon la chef péquiste Pauline Marois.

Bien que théoriquement elle profite de la controverse, puisque Gilles Duceppe a dû battre en retraite, dimanche, après avoir exprimé son intérêt à succéder à Mme Marois, celle-ci est loin de jubiler.

«Quand Gilles Duceppe est pris à partie comme il l'est aujourd'hui, je ne crois pas que ça aide la souveraineté. Et moi, je suis désolée de ce qui se passe, je peux vous le dire», a confié aux journalistes la chef du Parti québécois, lundi midi, avant de s'adresser à quelques centaines d'étudiants de l'Université de Montréal.

Plus tôt en matinée, sur les ondes de la radio 98,5 FM, elle avait même laissé entendre que cela pouvait nuire au Parti québécois. «Pour certains, de l'extérieur, ça pourrait signifier que ça m'arrange, mais, dans les faits, je pense que ça n'arrange personne quand on tire sur des gens qui peuvent être utiles à la souveraineté. Et ça vient au contraire entacher encore une fois notre formation politique», avait-elle répondu à l'animateur Paul Arcand.

Du même souffle, elle a dit croire en l'intégrité de Gilles Duceppe, tout en l'invitant à clarifier les choses.

À ses côtés, le nouveau chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, a admis que les règles ont été changées quand il est arrivé à la tête du parti souverainiste fédéral. Le directeur général est désormais payé par le parti, non par des fonds parlementaires.

Tout comme Mme Marois, M. Paillé a refusé de blâmer Gilles Duceppe ou son entourage, affirmant que cela s'est passé avant qu'il arrive en poste, que cela a été changé depuis et qu'il appartient maintenant à M. Duceppe de justifier comment les choses se sont passées sous sa gouverne.

«Il faut séparer les deux choses: il y a la gestion des fonds parlementaires par M. Duceppe comme député, et ça c'est redevable devant la Chambre des communes. Et puis il y a le Bloc québécois, qui, lui, est un organisme qui vit avec ses propres contributions de ses partisans. C'est en principe deux choses séparées», a rappelé M. Paillé, qui dirige le Bloc, mais n'est pas élu à la Chambre des communes.

«Le Bloc québécois, comme entité, n'avait pas à donner son opinion, n'avait pas voix au chapitre ou droit de regard sur l'administration que faisaient les parlementaires. D'ailleurs moi, comme chef du Bloc québécois, je n'ai pas voix au chapitre de la façon dont les quatre députés (du Bloc) actuellement dépensent leur allocation de député comme parlementaires», a expliqué M. Paillé.

Les deux ont dit ignorer d'où venait cette information, que La Presse a révélée dans son édition de samedi dernier.

Par ailleurs, Mme Marois a annoncé officiellement la création de son comité stratégique sur la souveraineté, dont le vice-président sera d'ailleurs Daniel Paillé. Il verra avec toute une équipe à remettre à jour les études sur la souveraineté qui ont déjà été réalisées dans le passé.

Complot fédéraliste

Le leader parlementaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, est pour sa part convaincu que M. Duceppe a été victime d'un complot ourdi par le camp fédéraliste.

Le Parti québécois n'est d'aucune façon impliqué dans la fuite d'informations compromettantes qui a mené M. Duceppe à renoncer à un retour en politique, a assuré le député de Chicoutimi, un fidèle de la chef du PQ.

«J'ai toujours cru et je crois encore à l'intégrité de Gilles Duceppe. Je n'ai aucun doute que lui et son entourage ont toujours été transparents et pris les précautions nécessaires. Ça sent le complot à plein nez», a-t-il affirmé.

Selon lui, des fédéralistes influents «qui ont intérêt à attaquer et déstabiliser» un porte-parole souverainiste «crédible» sont à l'origine de la controverse.

«Les seuls qui tirent profit de la situation, ce sont les fédéralistes. D'autant plus que la pratique reprochée à M. Duceppe était connue de tout le monde (à Ottawa). On tente de faire un procès à quelqu'un qui n'est plus là. C'est un procédé hautement douteux», a-t-il déclaré.

En outre, M. Bédard dit avoir été estomaqué d'entendre le député libéral fédéral Marc Garneau sur toutes les tribunes remettre en question le sens éthique de l'ancien chef du Bloc.

«Je suis étonné de voir (intervenir) des gens comme Marc Garneau du Parti libéral fédéral. J'aimerais ça moi que le PLC rembourse ne serait-ce qu'un centième de ce qu'il a contribué à voler aux Québécois», a-t-il lancé, faisant allusion au scandale des commandites.

Sur le web

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