Le procès pour corruption de cinq policiers a débuté à Toronto lundi
TORONTO - Cinq anciens agents de l'escouade anti-drogue de Toronto accusés de corruption ont démontré une tendance aux «fouilles violentes», battant des revendeurs, volant leur argent et mentant pour se couvrir, a affirmé la Couronne lundi lors de l'ouverture de leur procès.
John Pearson, l'un des quatre procureurs au dossier, a lancé que les accusés étaient sujets aux «actes de violence injustifiés à l'endroit des gens qui étaient sous leur garde.»
Le premier témoin de la Couronne, Christopher Quigley, a raconté au tribunal avoir été battu à plusieurs reprises par l'un des accusés alors qu'il était détenu et qu'un autre accusé observait.
M. Quigley, un revendeur de marijuana, a dit avoir été arrêté par des policiers en civil au sujet d'une paire de lunettes de soleil volée et avoir été emmené au poste. On lui aurait alors demandé où se cachaient sa drogue et son argent.
Des photographies démontrant des coupures et des ecchymoses sur le visage et le corps de M. Quigley, incluant un oeil au beurre noir et des blessures à une côte, ont été présentées comme preuve.
M. Quigley poursuivra son témoignage mardi, mais Me Pearson a indiqué que celui-ci avait «été battu à répétition pendant les neuf heures de sa détention au point de perdre conscience».
Me Pearson a raconté au tribunal que les agents accusés ont aussi procédé à des fouilles dans la résidence de la mère de M. Quigley, alors âgée de 60 ans, et l'ont convaincue de leur remettre la clé d'un coffre-fort, où elle affirmait garder de l'argent pour son fils.
L'avocat a ajouté que 22 850 $ ont été comptabilisés et plus tard restitués, alors que le coffre-fort contenait 54 000 $, selon M. Quigley.
Selon la Couronne, les enquêtes portant sur M. Quigley et quatre autres personnes ont été marquées par des fouilles illégales ainsi que des notes et des rapports falsifiés pour cacher les faits.
Lors de sa déclaration d'ouverture, la Couronne a raconté que dans le cas d'un autre suspect arrêté pour trafic de cocaïne, il y avait une différence d'environ 1400 $ entre la somme d'argent que l'homme affirmait avoir sur lui lors de son arrestation et la somme que les agents ont comptabilisée.
Dans un autre cas, la Couronne a raconté que les rapports officiels portant sur l'arrestation d'un autre suspect ne font pas état d'argent ou de bijoux, alors que le suspect a affirmé qu'il était en possession de 10 000 $ en argent comptant et de boucles d'oreilles en diamants valant 20 000 $.
Alors que plusieurs des témoins sont des criminels que les jurés pourraient trouver peu crédibles, Me Pearson les a avertis de ne pas juger leur témoignage sur leur passé. Il a promis d'amener d'autres policiers à la barre des témoins, ainsi que des enregistrements et des documents.
L'affaire touchant John Schertzer, Ned Maodus, Steven Correia, Joseph Miched et Raymond Pollard remonte à plus de 10 ans et est devenue un enquête sur le comportement des agents de l'escouade anti-drogue de Toronto qui a coûté 14 millions $.
Des accusations ont d'abord été déposées en 2004, mais les procédures ont connu des délais.
Les accusés ont tous plaidé non coupable et aucune allégation n'a été prouvée en cour.
Le procès devrait durer plusieurs mois.


Première Publication: 16/01/2012 22:36 Mis à jour: 30/01/2012 13:12